Mes délires, mes hallucinations

J’ai envie de parler d’un aspect de la maladie difficile à gérer. Peut-être le plus dur, dans tout ce qu’il est et tout ce qu’il amène à être.

Au départ, je n’ai eu qu’une simple hallu. Je faisais à manger et j’ai regardé machinalement vers la fenêtre. Il y avait un vieux monsieur en face, qui regardait la façade de mon immeuble. Le temps de touiller trois secondes, et il avait disparu. La seconde fois, c’était un mec avec un blouson à capuche noire. Il est passé derrière un camion et n’a pas réapparut. Ce jour là, j’ai commencé à me poser des questions et à me remettre en question. Je me suis mise à douter des gens que je croisais en sortant. Je les voyais parce qu’ils étaient là, ou parce que mon cerveau voulait me le faire croire ?

J’étais encore au RSA et j’avais régulièrement rendez-vous avec un assistant social pour justifier de mes droits et remplir un contrat d’insertion. Il connaissait mes difficultés et avait l’habitude que je décale mes rendez-vous. Il m’avait proposé plusieurs fois de poser un rendez-vous directement à mon domicile. Ce que j’ai toujours refusé, lui expliquant que le problème n’était pas de me déplacer, mais de voir quelqu’un. Un jour, j’ai carrément annulé un rendez-vous, précisant que je rappellerai plus tard. Sauf que, j’ai tardé. J’ouvre mon courrier un vendredi soir, et reçois une pose de rendez-vous, à mon domicile, tel jour, telle heure. J’ai senti l’angoisse monter. Je m’étais déjà dit qu’il me draguait un peu. Il était tellement gentil, voulait tellement m’aider et voulait tellement venir chez moi ! J’ai pleuré. J’étais certaine qu’il se vengerai, avec son statut d’assistante social, si je refusais ce rendez-vous. Le week-end a passé, j’ai annulé le rendez-vous et rien ne s’est passé. Je me suis sentie stupide.

Quelques mois plus tard, j’entendais l’interphone se décrocher en rentrant dans mon immeuble. Je me suis arrêtée quelques secondes devant, n’aimant pas l’idée qu’un de mes voisins s’amuse à m’épier. En arrivant devant la porte de mon appartement, quelqu’un s’est jeté contre la sienne, comme pour regarder à l’oeil de boeuf. L’appartement n’était donc plus vide.

Sauf que, le soir-même en y réfléchissant, je me dit que c’est impossible de décrocher un interphone si personne n’a sonné. Je me suis sentie encore plus mal. J’ai été voir mon psy, il a essayé de décrocher son interphone. Rien ne s’est passé. Il m’a regardé, l’air interrogatif.

La semaine suivante, deux nanas de l’agence sont venues pour l’appartement vide. Elles étaient à la porte  de mes nouveaux voisins. Je leur ai donc dis qu’elles faisaient erreur, leur assurant que quelqu’un habitait là. Elles se sont regardées, ne comprenant visiblement pas grand chose. J’ai compris que quelque chose n’allait pas. J’ai téléphoné à l’agence qui me loue l’appartement, m’attendant à qu’ils me confirme qu’il y a bel et bien quelqu’un qui a emménagé. La femme m’a affirmé que personne n’y avait mis les pieds depuis l’était des lieux en novembre. On était en décembre. Et quand mes anciens voisins sont partis, je me suis demandé quel genre de personne allait atterrir sur mon pallier… J’ai mis quelque semaines à m’en remettre.

Pour terminer, après les attentats de novembre (il faut savoir que la guerre est une de mes plus grandes peurs), je me suis mise à avoir peur d’une de mes anciennes fréquentations. J’étais persuadée qu’il voulait me faire du mal. C’était la première fois que j’avais peur que quelqu’un veuille me tuer. Je me suis beaucoup renfermée sur moi-même pendant cette période, sachant très bien que ce qu’il se passait n’était pas réel. Mais tellement logique.

J’essaie au maximum d’éviter les situations d’angoisses, qui pourraient me conduire à imaginer et ressentir quelque chose de faux et nocif. Je suis sous anti-psychotique depuis trois semaines mais ne ressens pour le moment aucun changement. Rien à signaler, mais je ne me sens pas différente.

 

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