Mon adolescence

J’étais une ado agressive, colérique. J’avais régulièrement de gros accès de colère, souvent suivi de pertes de mémoire. Je n’étais plus moi-même. J’ai déjà été physiquement agressive, surtout avec mon frère. J’ai eu une fois affaire à la justice, pour violence volontaire aggravée.

Au collège, c’était l’horreur. J’étais en plein dans la boulimie; donc, je n’étais pas la plus fine de la classe. Je cachais mes formes sous des fringues difformes, les cheveux attachés- quand ils n’étaient pas relâchés pour me cacher du monde extérieur – avec des lunettes et de l’acné. En plus d’être renfermée et de me tenir à l’écart des autres. J’étais une des têtes de turc du collège. Mon psy me faisait des dispenses d’EPS, les cours de sport étant une source d’angoisse.

J’étais souvent malade. Je faisais monter le thermomètre, prenais des laxatif. Il m’est aussi arrivé de me faire vomir une ou deux fois. Ma plus longue période de « sèche » a été de trois mois. Le médecin m’avait diagnostiqué une grippe intestinale. Il ne s’agissait en fait que du résultat de laxatifs et de thermomètre passé sous l’eau tiède.

L’ambiance à la maison n’était pas plus facile. Une mère alcoolique et dépressive, qui mélangeait somnifère et alcool. Une psychologue a conclue en 2005 que je n’ai pas eu les bonnes cartes en main pour suivre une scolarité correcte. Pendant les périodes de crises de ma mère, je n’avais pas d’énergie à donner aux études puisque je donnais tout chez moi. A l’inverse, quand ma mère allait bien, je soufflais et n’avais toujours rien à donner à l’école. Il parait que j’aurais pu aller loin. Je ne le saurais jamais.

J’ai finalement arrêté les études à 16 ans. Rien n’était programmé quant au choix de quitter le collège. J’étais en 3 ème préparatoire à la voie professionnelle et on devait passer chaque vendredi matin dans  un lycée hôtelier. Qui dit lycée hôtelier, dit les filles habillées en filles, classe. Sauf que j’étais trop mal dans ma peau pour porter ne serait ce qu’un pantalon en toile noire.J’y suis allée avec un pantalon noir, très large avec de gros lacets. Le lundi suivant, j’ai regardé l’ensemble de la classe et j’ai su que je n’y mettrais plus jamais les pieds. Je ne m’étais jamais sentie à ma place et j’avais 16 ans, je pouvais décider d’arrêter. Je crois qu’en fait, je ne me suis jamais sentie libre.

J’ai commencé à boire et fumer. Bien évidement, je parle aussi de cannabis. J’avais 17 ans et je faisais maintenant partie d’une bande de potes. Mon copain venait me chercher tous les matins à 8h. On allait faire la manche et on achetait de l’alcool et des chips. Je rentrais chez moi en sentant l’alcool, presque tous les soirs. Une fois, mon frère m’a dit « t’as encore bu ?! ». Exactement la même chose qu’on disait à ma mère quand on était plus petits. ça m’a fait un choc. Mais je n’ai pas arrêté.

Puis je me suis calmée. Je vis maintenant seule et n’ai plus d’accès de colère comme à l’époque, depuis je suis autonome. Mais je me demande souvent si les choses seraient différentes aujourd’hui, si ma mère avait pris les choses en main quand il en était encore temps ?

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